Le passage à une économie circulaire devrait largement créer des emplois. Une nouvelle évaluation de l'Agence européenne de l'environnement prend cette attente au sérieux et la complique, en examinant combien d'emplois, de quelle qualité, où, et exigeant quelles compétences.
Le chiffre principal est encourageant : les projections suggèrent que la transition circulaire pourrait ajouter jusqu'à 700 000 emplois en Europe d'ici 2030, en plus des environ 4,4 millions d'emplois circulaires déjà comptés en 2023. Mais l'EEA met en garde que les preuves sont fragmentées, et que les statistiques actuelles manquent beaucoup de ce que la circularité implique réellement, y compris la réutilisation, la réparation et le travail informel que les comptages d'emplois standard négligent.
Le message plus pointu concerne le changement plutôt que la croissance. La transition n'ajoute pas simplement des emplois ; elle en crée certains et en réaffecte d'autres à travers les secteurs et les régions, avec des effets inégaux sur la qualité de l'emploi. Les exigences en compétences évoluent également, vers des profils hybrides qui combinent des compétences techniques, organisationnelles et transversales plutôt que toute spécialisation unique. En d'autres termes, la main-d'œuvre dont une économie circulaire a besoin ne correspond pas parfaitement aux systèmes de qualifications existants aujourd'hui.
L'évaluation signale également un problème de géographie. Les bénéfices et les charges de la transition sont répartis de manière inégale entre les pays, entre les régions et entre les zones urbaines et rurales, et les groupes vulnérables risquent d'être exclus des nouvelles opportunités. La conclusion de l'EEA est qu'une transition circulaire équitable nécessitera un meilleur suivi du marché du travail et des actions ciblées pour maintenir l'emploi inclusif et de bonne qualité.
Pour le travail sur les compétences en économie circulaire, le rapport est un utile rappel à la réalité. Les emplois arrivent, mais ils sont hybrides, inégalement répartis et mal capturés par les données existantes, ce qui est précisément pourquoi cartographier les besoins réels en compétences région par région, et construire une formation qui y correspond, est aussi important que les chiffres d'emplois principaux.
Lisez le briefing de l'EEA.
- francescolembo
- 14 juin 2026
- 20:29
